top of page

Le stress des auditions pour les écoles de théâtre - Préparation, jour J, conseils

  • thomassallettaz
  • il y a 1 jour
  • 26 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 9 heures

Cet article sera structuré en trois étapes:


  • Un bref récapitulatif de tout ce dont vous avez besoin pour votre préparation avant le jour J;


  • Une plongée dans le jour de l'audition et un guide pratique avant/pendant/après;


  • Des conseils de jeu variés et un aperçu d'une méthode de jeu qui permet de canaliser le stress


Il s'agit d'un article détaillé. Pour faciliter la lecture, j'inclus ci-dessous un sommaire qui vous enverra directement à la section recherchée.



Quelques notes:


Une grande partie des conseils de jeu que je présente dans cet article proviennent de la méthode de jeu que j'ai apprise, pratiquée et développée, ainsi que des recherches et observations personnelles.


Cet article est pensé pour le stress des auditions pour les écoles de théâtre, mais la majorité des conseils présentés est applicable pour n'importe quel type d'audition.


Si vous souhaitez vous former, auditionner dans les écoles de théâtre du Québec, ou si vous avez n'importe quelle question sur le sujet, n'hésitez pas à me contacter, je vous répondrai avec plaisir.


Vous pouvez aussi prendre rendez vous pour un appel gratuit, je vous présenterai ma manière de coacher, et on pourra parler de vos objectifs!


Je vous présenterai, au fur et à mesure de cette présentation, mes autres articles qui sont des ressources importantes et que je mets à jour chaque année, afin que vous puissiez avoir une vue d'ensemble des auditions dans les écoles.


Séance de coaching avec Thomas Sallettaz


I-La préparation


Le processus d'audition dans les écoles de théâtre est l'un des plus stressants tout domaine confondu.


Premièrement, c'est un processus qui s'étend sur une année complète, avec plusieurs mois de préparation préalable (conseillé par toutes les écoles) et des auditions qui sont étalées sur plusieurs mois (de février à mai), sans possibilité de retenter sa chance avant l'année suivante.


Les classes de première année, selon les écoles, varient entre 10 et 14 élèves, sur 250-400 candidats (selon les années). Non, ce n'est pas beaucoup. (Note: c'est toutefois très positif d'avoir un petit nombre d'élèves dans une même classe, pédagogiquement parlant.)


Si vous souhaitez une présentation de chacune des écoles de théâtre du Québec, je vous invite à lire mon article détaillé et inédit.


Il est apparemment plus difficile - au prorata et au niveau de la contingence - de rentrer au Conservatoire de Montréal ou à l'École Nationale de Théâtre que de rentrer en médecine à l'Université McGill.


C'est pour dire!


En plus de tout cela, c'est un processus qui touche directement notre idendité profonde. D'artiste. D'humain. Un processus qui influe directement sur les trois prochaines années de nos vies. Un processus de sélection sur lequel on n'a que peu d'information, et aucun retour de la part des juges suite à nos auditions.


Si vous êtes stressés, c'est normal! Imaginez devoir le refaire sur plusieurs années!


C'est entre autres pour cela qu'on se fait coacher.


Certes, on veut pouvoir présenter la meilleure scène possible, mais notre coach va également nous servir de point de repère, de guide, de personne ressource.


Un bon coach, de bonnes scènes, une réplique fiable: ce sont les trois points capitaux pour toute audition réussie.

J'expose tout ceci en détail dans mon tout premier article (mis à jour récemment). Je vous conseille vivement de le lire si vous souhaitez intégrer une école de théâtre.


Laissez moi maintenant vous parler rapidement de l'importance des coachings, notamment du point de vue du stress.


  • Se faire coacher


Une préparation à l'avance, efficace, avec une personne de confiance (et une réplique fiable), dans un endroit dans lequel vous vous sentez en sécurité artistique (et personnelle évidemment), est un des éléments les plus déterminants pour réduire, canaliser, et parfois éliminer son stress en vue des auditions.


Un de mes objectifs avec mes articles est de mettre à disposition toute une panoplie d'informations utiles, pratiques et parfois inédites sur le sujet des auditions dans les écoles (et sur d'autres sujets liés au jeu d'acteur), de manière gratuite et accessible à tous.


J'ai dans cet esprit écrit un article sur le critère des jury des écoles de théâtre. En plus de vous dévoiler ce que les juges regardent, c'est aussi un bon point de repère pour savoir quoi travailler dans sa préparation.


Par contre, même si vous connaissiez tous les secrets les mieux gardés des auditions des écoles et/ou du jeu d'acteur, que vous les ayez trouvés dans des écrit, des podcasts ou des capsules sur instagram, rien ne remplace la pratique!


Faire. Essayer. Se tromper. Recommencer. Apprendre de ses erreurs. S'améliorer au fur et à mesure. Retomber dans ses vieilles habitudes. Briser un plafond de verre. Trouver ce qui marche pour soi. Révéler et profiter de son unicité.


Tout ça, ce n'est possible qu'en le faisant!


Et l'idéal est de trouver un coach habile pour ne pas seulement vous diriger, mais vous former pour que vous puissiez être autonomes dans votre pratique. Que vous puissiez développer votre propre méthode de jeu, celle qui est la plus optimisée pour la personne que vous êtes!


D'ailleurs si possible vous devez vous faire diriger le moins possible. Vous devez prendre en main au fur et à mesure la création de votre personnage, de son monde, et savoir comment engager de manière organique avec les circonstances données du scénario (ou de la scène dans notre cas précis).


Je développe davantage ce dont vous devez faire attention pour développer une méthode de jeu de qualité plus tard dans l'article.


Pour l'heure, je vais vous donner deux choses importantes que la grande majorité des candidats ne font jamais dans leur processus. Si vous le faites, vous vous donnez une longueur d'avance à ne pas sous-estimer.


  • Lire plusieurs fois sa pièce


Lire plusieurs fois son scénario, ou sa pièce, au complet, et en prenant son temps, est un élément majeur pour la création du personnage et de son univers.


J'insiste, la plupart des étudiants ne lisent qu'une fois leur pièce. Certains ne lisent que leur scène!


Si vous lisez deux fois votre pièce, vous mettez deux fois plus d'efforts que la plupart des candidats. C'est très important de le faire! Les grands acteurs que vous admirez lisent leur scénario 30, 50, 150 fois quand ils incarnent un rôle.


J'ai écrit un article sur l'apprentissage du texte, que je vous invite à lire. J'y détaille les meilleurs conseils pour retenir vos dialogues.


Si vous lisez votre pièce plusieurs fois, vous allez vous aider énormément dans la mémorisation, et surtout la restitution de vos lignes, intégrant la logique de l'histoire à votre apprentissage.


Les circonstances imaginaires vont intégrer de plus en plus votre subconscient à chaque lecture, et si vous avez une connaissance irréprochable de vos lignes, vous allez pouvoir mettre toute votre concentration sur l'écoute, la spontanéité, l'exploration, essentiels pour vous démarquer et être sélectionnés.


J'y reviens plus tard.


On me demande souvent ce qu'on peut faire comme travail à la maison pour s'aider soi-même ou s'améliorer. Relire sa pièce (ses deux pièces dans notre cas spécifique) est quelque chose de tout à fait sous-estimé, mais qui fait un bien fou.


L'autre chose que vous pouvez faire? La voici.


  • Créer le monde de son personnage


Le jeu est une expérience sensorielle. Vous devez donc créer une référence sensorielle à laquelle vous pouvez avoir accès quand vous jouez.


Le lieu dans lequel votre personnage évolue, un détail spécifique sensoriel, des accessoires qui vous aident à vous sentir plonger dans le monde imaginaire. Cela aide à maintenir votre concentration dans l'ici-maintenant, en plus de se sentir davantage dans la réalité du monde du personnage.


Cela s'appelle la mémoire sensorielle (différente de la mémoire affective de l'Actor Studio). Que ce soit quelque chose présent dans la scène, quelqu'un que votre personnage mentionne, ou un souvenir revécu par votre personnage, il doit y avoir une emprunte sensorielle ressentie, vécue, présente dans votre corps.


Pour ça, il faut la créer. Afin qu'elle soit vraie pour vous! Et que vous y ayez accès quand vous le souhaitez sans avoir à forcer, ou jouer, quoi que ce soit.


Comment? La réponse en coaching!


Plus votre préparation est grande avant d'arriver en audition, plus vous allez vous sentir prêts, capables, et courageux.


Vous n'allez probablement pas supprimer votre peur et votre angoisse, mais vous allez développer les outils pour l'affronter et, encore mieux, l'utiliser!


Passons maintenant au jour fatidique.


II-L'audition à l'école de théâtre


Dans le même ordre d'idée que précédemment, faisons une liste de choses que vous pouvez contrôler, avant de se concentrer sur vos objectifs qui concerneront l'oeil du cyclone, le coeur de l'arène.


1-Avant


  • Bien avoir ses accessoires


Le jour de ma toute première audition au Conservatoire de Montréal, en 2015, j'ai... oublié mes accessoires chez moi. On a dû improviser avec ma réplique des verres en plastique constitués de bouteilles trouvées sur place.


Évitez mon erreur! Faites vous une liste de vos accessoires, assurez-vous de vous les procurer à l'avance, de les essayer en répétition, et le jour J assurez-vous de bien tous les avoir.


Note: Je recommande de ne pas avoir trop d'accessoires, en tout cas ils ne doivent pas mettre du temps à installer ni à désinstaller. Évitez les accessoires qui peuvent se briser (sauf indication dans la scène, mais dans ce cas là prenez quelque chose qui n'est pas dangereux et ne se brise pas en mille morceaux).


Ils doivent avoir pour utilité de vous ancrer dans le monde du personnage, vous permettre de suivre les directives de la scène de manière fluide, et de vous permettre de vous donner des options pour faire ce que vous avez envie de faire dans le moment.


Ne prévoyez pas un accessoire que vous n'allez pas utiliser.


  • Chanter


Chantez le matin en vous réveillant, chantez sous votre douche, chantez en vous habillant! Cela libère des hormones qui vont vous êtes très utiles plus tard dans la journée, et vous fait réchauffer naturellement votre voix et votre diction.


  • Se réchauffer physiquement, faire descendre l'énergie


Un réchauffement physique complet, en mettant l'emphase sur le bas du corps (zone sous-estimée), est très important, que ce soit avant de partir ou sur place dans l'endroit où vous répétez (nous reviendrons sur ce moment spécifique plus tard).


De simples réchauffements de chaque zone du corps suffisent, l'important est de faire descendre l'énergie du corps afin de la canaliser dans une partie autre que sa tête.


La zone du coeur (plexus solaire) et le centre du corps (juste en dessous du nombril) sont les endroits cibles pour se connecter.


Pour cela, laissez rentrer l'air en sentant la détente entrer en vous doucement, et concentrez vous sur l'expiration pour faire descendre l'énergie vers vos jambes, vers vos pieds, vers le sol.


Cette détente est absolument essentielle pour accéder à ce dont on va parler plus tard.


  • Se mettre dans l'ambiance - Le coeur léger; de la musique pour la 1ere scène


Dans la même lignée que le chant, la musique vous permet d'ouvrir certains accès invisibles et inconscients qui vous seront très utiles plus tard. En plus de servir d'apaisement pour la plupart des gens.


Le tout est de choisir la bonne musique pour vous!


Ce que je conseille personnellement, c'est de sélectionner plusieurs musiques qui vous plaisent à vous lorsque vous vous préparez à la maison. Puis, lorsque vous partez, mettez les musiques de l'univers de votre personnage.


Si vous n'avez pas de playlist en rapport avec l'univers des personnages que vous jouez, je vous conseille d'en faire une!


Puis laissez-vous emporter dans l'univers de votre personnage, comme un rêve éveillé. Ne forcez rien.


  • Faire une italienne 


Une fois arrivés à l'école, vous serez redirigés vers un local de répétition (sauf au CADM, trouvez-vous un coin tranquille pas trop loin) où vous pourrez faire des italiennes avec votre réplique.


Sauf cas spécifique, je vous conseille de n'en faire qu'une seule fois.


Je conseille toujours à mes étudiants d'en faire une sans émotions et surtout sans "mélodie" (c.f. l'article "apprendre son texte"). Pour ainsi avoir la possibilité d'explorer toutes les options pendant l'audition.


Toutefois des exceptions peuvent émerger, votre cas est peut-être différent!


  • Pas de pression par les pairs (peer pressure) dans le local de répétition


Vous allez voir des gens assis, parlant bas ou parlant peu, ne faisant pas trop de mouvements. Vous allez voir des gens bruyants et agités, d'autres faire des italiennes, des réchauffements. N'importe quel cas de figure ne doit pas vous influencer.


Vous avez votre plan personnel. Vous commencez par votre scène la plus forte (sauf à l'UQAM, scène québécoise en premier), vous savez dans quel état vous devez vous mettre, et votre préparation doit être en conséquence.


Il ne sert à rien de se comparer! Canalisez votre énergie ailleurs. On va s'en parler dans quelques instants.


  • Se maintenir réchauffés


Il se peut que l'on vous appelle au bout de 5 minutes. Il se peut aussi que vous attendiez 50 minutes pour que votre nom soit appelé.


Mon conseil: toutes les 10 minutes, réchauffez-vous de nouveau.


Si vous êtes prêts au bout de 10 min, il n'est pas idéal de se "refroidir" pendant 40 minutes, et d'entrer dans le local à froid, en étant revenu dans sa tête.


Pour se donner les meilleures chances, des exercices de détente et d'ouverture, que ce soit au niveau de la respiration, la voix, la diction, l'énergie, sont merveilleux pour se maintenir réchauffés!


Le stress active très souvent la respiration thoracique superficielle (système sympathique) au détriment de la respiration abdominale profonde (système parasympathique).


Dans de nombreuses traditions (grecque: pneuma, latine: spiritus, hébraïque: ruach), le souffle est identifié à l'âme, à la vie, à l'esprit.

Perdre le souffle revient symboliquement à perdre son âme, son élan vital.

Au niveau de l'interprétation, cela revient à perdre la capacité d'incarner, de donner vie.


Dites vous que votre phare dans la nuit c'est votre respiration (dans la détente, en amenant votre énergie vers le bas, comme exposé plus tôt).


Le tout en amenant à soi le monde du personnage.


  • Se concentrer sur l'autre


Votre autre phare dans la nuit, c'est votre réplique. C'est cette personne qui est avec vous dans un moment où votre concentration joue un grand rôle.


Regardez-vous, échangez, connectez, faites une italienne, aidez vous à entrer dans l'état du personnage, motivez-vous à vous réchauffer, à rester concentrés.


On reviendra plus tard sur l'importance de la réplique pendant l'audition.


  • Déterminer son focus


Lorsque l'on appelle votre nom, et que vous vous dirigez vers la salle d'audition, déterminez votre "focus" (aussi appelé objectif, but: c'est ce sur quoi vous allez mettre votre attention pour commencer).


Il doit:

-Être tourné sous forme de question (ouvert)

-Être en rapport avec le monde du personnage et la situation dans le moment (contextuel)

-Inclure la personne à qui l'on parle (dirigé vers l'autre). 


Par exemple:

"Comment je peux la convaincre de rester avec moi sans que je la repousse?"

"Comment je vais pouvoir lui dire que ça ne va pas être possible sans le blesser?"

"Est-ce qu'elle va me pardonner?"


Le focus doit être une question qui ne peut pas être répondue à 100% par oui ou pas non, et doit être formulé simplement.


Le côté contextuel ne doit pas vous faire sur-intellectualiser votre focus. Sinon, vous commencez dans votre tête. L'exploration du focus se fait directement dans le jeu, et le lien avec le partenaire.


Il est ouvert parce-qu'il n'est pas certain que vous allez arriver à remplir votre objectif.


Il permet de se concentrer davantage sur l'écoute, parce-que c'est votre partenaire (dans une scène dialoguée) qui détient la clé de si votre objectif est en train de marcher ou non. D'où l'importance de l'inclure lorsque l'on détermine son focus.


Pour plus de détails sur le focus, n'hésitez pas à me contacter ou à expérimenter en coaching.


Note: Le focus ne doit pas être l'unique chose sur laquelle vous allez travailler pendant que vous jouez. Il est fort probable que des choses nouvelles, spontanées, que ce soit de votre part ou de la part de votre partenaire, arrivent. Vous devez utiliser ce qui se présente à vous dans le moment présent, et laisser de côté temporairement le focus.


Il permet en réalité d'être un filet de sécurité. Si vous êtes déconcentrés, ou si vous vous sentez être mécanique, que vous ne savez plus quoi faire, votre focus est là comme ligne directrice.


Voyons maintenant comment apréhender l'audition en elle-même.


2-Pendant


Lorsque votre nom va être appelé, vous allez être amenés en salle d'audition directement, ou juste devant la porte, selon l'école. C'est le temps de canaliser le supplément d'énergie (ce qu'on appelle le "trac") vers quelque chose de présent avec vous.


Voici les principaux éléments:


-L'objectif que vous déterminez à ce moment là (le focus)


-La connexion avec votre partenaire,


-Votre espace immédiat (l'ancrage sensoriel).


Toutefois, juste avant, les juges vont vous demander votre nom, le nom de votre réplique, et les scènes sur lesquelles vous travaillez (ainsi que les auteurs).


Une fois que c'est fait, c'est le moment de se détacher des juges. Soyez sympathiques et vous-mêmes lors de votre présentation, mais dès que vous avez terminé et que vous passez à la première scène, il est très important de vous concentrer sur les 3 choses citées précédemment.


Prenez le temps nécessaire. Ne vous mettez pas la pression de commencer dans les 5 secondes.


-Si vous êtes en audition conjointe, profitez d'installer les accessoires pour déjà entrer dans le monde de votre personnage et dans la connexion avec votre partenaire.


-Si vous êtes en audition solo, c'est votre réplique qui va installer le décor. Mais vous aussi concentrez-vous à plonger dans le monde de votre personnage et la connexion avec votre partenaire.


Ne vous installez pas trop près pour ne pas déranger les juges, mais pas trop loin, pour qu'on vous voit!


La salle est probablement plus grande que celle dans laquelle vous répétez. N'oubliez pas de projeter votre voix, et de prendre l'espace!


Les juges ne doivent même pas faire partie de votre pensée à ce stade-ci. Plus facile à dire qu'à faire, n'est ce pas? C'est une habitude à prendre.


Personnellement je fais passer à mes étudiants qui le souhaitent une "audition blanche" devant des acteurs du milieu du travail qui ont gradué d'une école de théâtre. Cela permet d'appliquer ce qu'on travaille à l'entraînement dans les conditions du direct!


Et si vous vous sentez toujours dans votre tête malgré tout: ne luttez pas contre, utilisez-le dans votre jeu! Canalisez le dans le moment présent, laissez la connexion se faire avec votre partenaire et foncez!


Pour cela, concentrez-vous sur ce que vous percevez et ressentez à n'importe quel moment: ce qu'il se passe en vous, et ce que votre partenaire vit ou vous transmet.


Utiliser comment on se sent et canaliser son énergie vers l'autre et vers son focus est vraiment le mot d'ordre à ce stade-ci.


Il est important de savoir naviguer dans le chaos. Voici le plan de match, une fois la scène commencée:


-Revenir à son focus (c.f. le point II) :

Sans trop s'agripper dessus, il permet de créer un filet de sécurité en cas de brouillard soudain.


-La respiration est votre phare dans la nuit.

-Votre partenaire est également source de retour à l'ici-maintenant.


-Le monde sensoriel (accessoires, monde imaginaire) permet un ancrage sensoriel direct pour pouvoir sortir de notre prise de conscience ou de notre anxiété qui prend soudainement le contrôle.


L'objectif est de retourner dans ce qui marche: se concentrer sur la solution et pas le problème.


Si vous avez à respirer en plein milieu, faites le! Et restez en situation.


Si malgré tout vous vous sentez dans un chaos trop grand pour guider votre concentration, dites-vous ces deux choses:


-"Acting is reacting": Jouer c'est réagir. Si vous réagissez de manière spontanée à votre partenaire, même si vous partez dans tous les sens, vous gagnez des points.


-Prendre plaisir: On appelle ça du jeu, n'est-ce pas? Vous avez une occasion de faire ce que vous aimez faire! Oubliez tout et amusez vous.


Ne pensez pas trop à votre corps.


Je m'explique: vous pouvez vous dire avant de commencer de jouer avec intensité, de bien projeter votre voix, de vous engager corporellement.


Mais au niveau de chaque mouvement, ne vous préoccupez pas de si vos bras sont à la bonne place, de si vous vous êtes déplacés correctement, de ce que vous dégagez corporellement, de si vos mains tremblent ou non, ou de ce que vous avez l'air par rapport aux juges.


Cela occupe une trop grande place dans votre esprit, qui serait bien plus utile si celui ci était concentré sur d'autres points correspondant à votre moment présent, ce qu'il se passe immédiatement.


Jouez à la première personne, comme dans la vraie vie, et non pas à la troisième personne!

Lorsque ça marche, en situation de jeu, on a l'impression que c'est nous. Profitez-en! Travaillez selon votre point de vue, et respirez!


Si vous êtes habitués à vous sentir intime lorsque vous jouez et créez un monde imaginaire, et que votre concentration est un muscle huilé (tout comme les autres muscles comme l'imagination, la mémoire, l'écoute et le travail des sens), vous pouvez amener cet espace sécuritaire et intime même dans la salle d'audition, devant des juges. 


C'est cette sécurité qui permet de débloquer l'exploration!


Ça se travaille chez soi, et en coaching.


  • Pour une audition où vous avez deux scènes, voici quoi faire entre les deux:


-Respirer consciemment, toujours en détente, énergie vers le plancher (ancrage corporel dans le présent);


-Prenez le temps de vous placer dans le monde de l'autre personnage;


-Déterminez le nouveau focus;


-Créer la connexion avec le partenaire (ancrage relationnel);


-"Sourire intérieurement" (prendre plaisir de changer d'atmosphère pour une autre scène).


Soyez vous même pendant l'audition. L'idéal n'existe pas. La perfection n'existe pas en art. Par contre l'engagement total, la précision, l'écoute et la spontanéité oui!


À vous de décider sur quoi vous voulez mettre votre concentration.


Notes sur les erreurs:


Si vous êtes spontanés, à l'écoute et que vous osez, les juges seront beaucoup plus tolérants face aux petites erreurs ou imperfections causées par ces 3 choses là. Encore une fois: la perfection n'existe pas en art!


Il existe un concept en esthétique et philosophie japonaise: Le Wabi-sabi.


C'est la beauté de l'imperfection, de l'impermanence, de l'incomplet.


Un oubli de texte suivi d'une improvisation peut créer un moment de vérité unique.


Par exemple, en audition finale au Conservatoire l'année où je suis entré, ma réplique a eu un gros trou de mémoire en plein milieu. Je suis resté ancré dans le lieu et la situation, improvisé un petit peu, et on a fini par retrouver notre chemin.

Le fait que je sois resté dans mon monde a compté beaucoup plus que l'erreur comise.


Même une maladresse corporelle peut humaniser le personnage. C'est vivant, on se trompe aussi dans la vie.


Vive les imperfections!


3-Après


Une fois que c'est terminé, remerciez les juges, reprenez vos accessoires rapidement, demandez si vous devez remettre le local en ordre, et quittez.


C'est le temps de relâcher la pression! Discutez-en rapidement avec votre réplique, puis faites vous plaisir le reste de la journée.


Reflétez ensuite sur comment ça s'est passé et les points d'amélioration.


Un des problèmes suite à l'audition, c'est que vous n'avez pas de feedback immédiat. En fait, vous n'en aurez jamais! Que vous soyez acceptés ou refusés, les juges ne dévoilent jamais ce qu'ils ont vu et n'expliquent jamais publiquement leur décision (même suite à un stage).


C'est pour ça qu'il est important de pouvoir effectuer un retour avec votre coach, et de refléter sur votre expérience, afin d'apprendre le plus possible de vos erreurs, et de devenir meilleurs de fois en fois!


La réponse, positive ou négative, est la plupart du temps la semaine qui suit, pour chaque étape.


Peu importe le résultat, continuez à travailler. Ce n'est pas un jugement de valeur sur vous.


En cas d'échec, adoptez une posture de résilience (au contraire d'une posture de résignation, d'abandon).


Prenez le temps de digérer, refléter sur vos erreurs.


La maîtrise d'un domaine ce n'est pas la répétition mais l'itération: faire des erreurs, puis apprendre de ses erreurs à chaque fois. Plus vous faites ça plus vous aurez du succès à l'avenir. 


On peut se remémorer nos objectifs, pour ne pas se laisser définir par le résultat d'une ou plusieurs écoles.


Notre chemin ne s'arrête pas en cas de refus. Il faut aussi éviter de se dire que la montagne est gravie en cas d'acceptation: il s'agit d'une première montagne sur toute la chaîne de montagne de notre carrière.


Le but est de continuellement s'améliorer dans notre jeu, dans tous les aspects possibles. Et ça vous pouvez le faire sans école.


Même si le processus est long, vous pouvez retenter l'an prochain: vous serez encore meilleurs!


Je rappelle que je connais personnellement des acteurs qui ont passé 3, 4, 5 fois leurs auditions avant d'intégrer une école!


Ne vous dites pas que votre talent n'a pas de valeur juste à cause d'un refus! Ne vous dites pas que vous n'arriverez pas à intégrer la communauté de l'acting parce que ça n'a pas marché cette fois ci.


Tous ceux qui ont réussi ont cette caractéristique en commun de ne jamais avoir abandonné.


Vous êtes légitimes. Donnez vous la permission de vivre, de jouer, d'explorer, de progresser, de vous montrer.


Passons maintenant à la série de conseils généraux et de certains cas particuliers concernant notre sujet.


Les élèves de Thomas Sallettaz

III-Conseils et méthode


Ce troisième chapitre se veut une continuité des conseils prodigués précédemment ainsi qu'une introduction sur la méthode de jeu que j'enseigne dans mes coaching, et comment elle se trouve être particulièrement adaptée aux auditions dans les écoles de théâtre.


  • Un jeu flexible


Premièrement, au niveau du jeu dans les scènes d'audition, on veut le plus de flexibilité possible, pas de la rigidité.


Comme statué dans le chapitre II: Écoutez, explorez, essayez, osez!


Un acteur qui cherche est toujours plus intéressant qu'un acteur qui pense avoir trouvé.


Jean-Paul Sartre nous dit que nous sommes "condamnés à être libres".


C'est vrai!


Cette liberté peut-être angoissante. Personnellement, je trouve ça formidable. Ça veut dire qu'on est absolument libre dans notre manière de jouer. Et que ça revient à avoir des possibilités infinies!


L'anxiété est souvent liée au perfectionnisme. On veut jouer parfaitement. On se dit que chaque erreur est catastrophique. Ne m'obligez pas à répéter que la perfection, en art, n'existe pas!


La liberté dans le jeu est une bénédiction.


Tentez d'éviter les mises en scènes où tout est prédéterminé à l'avance, où chaque geste est placé, et où vous n'avez jamais la possibilité ou l'habitude d'explorer, de chercher.


Si vous êtes habitués à être destabilisés, et que vous savez quoi faire dans le moment présent de chaque scène, alors non seulement votre audition ne risque pas de "dérailler", mais votre jeu gagnera en vérité, en profondeur, en écoute, en spontanéité, et surtout... sera plaisante à regarder!


Même chez les neuroatypiques (où peut être une plus grand apport de stabilité dans la mise en scène est bénéfique), l'exploration, la spontanéité et la prise de risques sont importantes.


  • Le jeu est une expérience sensorielle


Un des points les plus importants est de directement engager avec ses pulsions intuitives.


Ce n'est pas le temps de se "double-checker", c'est l'heure d'y aller à fond!


Reconnaître et engager avec ses pulsions intuitives est un travail de longue haleine qu'il est important de travailler en coaching.


Également, il est dangereux de se regarder depuis l'extérieur. Le jeu est une expérience sensorielle qui se vit de l'intérieur. 


De la même manière que l'on brise parfois notre concentration contextuelle et notre absorbtion dans le moment présent pendant la scène, pour redevenir conscient de soi ou de son image (self-conscious), on veut briser la boucle de l'anxiété (qui nous met dans encore plus d'anxiété parce qu'on se dit / on réalise qu'on est anxieux).


C'est comme quand vous lisez un livre, vous êtes absorbés dedans, et d'un coup vous devenez conscient que vous lisez, et vous sortez de votre histoire pour vous "regarder" vous-mêmes. Comment faire pour retourner comme avant? Reconcentrez-vous sur l'histoire qui se déroule!


Le but pendant qu'on joue est de s'absorber dans l'action. Comme un retour à une "conscience pré-réflexive", c'est à dire qu'on ne met pas notre attention sur notre réflexion: celle-ci est purement intuitive, instinctive, engagée au niveau corps-âme-esprit.


On veut éliminer le plus possible la réflexion, pour éviter de briser l'absorbtion. À la place: écoute, recherche, exploration, action!


De la même manière, on ne peut avoir qu'un foyer attentionnel à la fois. Donc au lieu de se concentrer sur le stress (le problème), on se concentre sur une des solutions possibles!

Si l'on tente de tout contrôler, on est comme le marionnettiste avec trop de ficelles: tout s'emmêle, plus rien ne fonctionne. Gardez votre jeu simple!


Un des objectifs du coaching et des répétitions est d'habituer son propre système au complet (corps, âme, esprit) tourné vers l'exploration, et non pas la survie ou la répétition mécanique.


Pour cela, comme je le disais plus haut, il faut avoir été habitué à jouer et explorer dans le chaos (et donc dans la liberté).


  • Lâchez le contrôle!


Face à l'anxiété, le réflexe naturel est de contrôler:


-Contrôler son corps (ne pas trembler)


-Contrôler ses émotions (ne pas pleurer, ne pas paniquer)


-Contrôler sa performance (jouer exactement comme répété)


Mais ce contrôle:


-Échoue (les processus involontaires ne sont pas contrôlables par la volonté)


-Amplifie l'anxiété (l'effort de contrôle génère une tension supplémentaire)


-Rigidifie la performance (perte de spontanéité)


Plus vous allez vouloir contrôler tout ce qu'il se passe moins vous en aurez. Au contraire, lâcher prise permet de, quelque part, retrouver la lucidité pour pouvoir sentir un certain contrôle! Comme le capitaine d'un bâteau en mouvement, plutôt que celui qui tente de pousser le bâteau en arrière...


D'un point de vue biologique, lâcher le contrôle active votre système parasympathique (la détente) et votre hémisphère droit (utile à l'inspiration artistique), et ouvre l'accès aux ressources de votre inconscient sans effort.


Donc, canaliser son énergie sur quelque chose de sensoriel et présent dans le moment aide à la détente de manière naturelle, sans avoir à y penser.


La réduction de la lutte interne permet de déplacer l'énergie dépensée à contrôler ou combattre l'anxiété (ce qui est épuisement mentalement) vers quelque chose de bien plus productif, intéressant et surtout stimulant.


Cela revient à ne pas combattre le stress, mais l'intégrer à la spontanéité.


  • L'angoisse des auditions


Ce qu'on ressent lors des auditions est une angoisse (contrairement à la peur, qui est toujours une peur de quelque chose). L'angoisse n'a pas de sujet précis, parce que l'audition a cette qualité d'incertain permanent, et votre destin ne semble pas entre vos mains.


Cette incertitude génère une rigidification défensive:


-"Je dois prouver que je suis X" (confiant, talentueux, professionnel)


-"Je ne dois surtout pas montrer Y" (peur, faiblesse, imperfection)


Cette rigidification étouffe la créativité. On retombe dans une conscience externe de nous-même, au lieu de se plonger corps-âme-esprit dans les circonstances imaginaires.


C'est là qu'on peut tenter de renverser le tableau, pour que l'angoisse se transforme en peur. Et avec la peur, on peut amener un élément en plus: le courage!


À la place du vide, on peut regarder le monde des possibles, l'infinité des chemins que l'on peut prendre. À la place de se dire que l'on n'a pas notre destin en main, on peut déterminer tout ce qui est factuellement entre nos mains, faisable, actionnable, préparable, pour se dire que l'on a donné notre maximum, peu importe le résultat.


On peut aussi éviter de se définir par son angoisse existentielle: qui suis-je si je ne suis pas acteur? Quel sens a ma vie si mon audition échoue?


Un petit indice: on peut commencer le chemin de notre carrière sans être entré en école de théâtre:





L'angoisse de l'incertitude peut nous plonger dans la difficulté à se projeter: de quoi aura l'air notre vie en cas d'acceptation ou de refus? 


Voici mon conseil: planifiez votre plan d'études et votre plan de carrière sans considérer les écoles sur votre chemin... et passez vos auditions! Si vous êtes acceptés, ce chemin devient votre plan A et vous n'avez "qu'à" vous adapter au programme de l'école; la suite des choses à faire dans 3 ans sera la même dans tous les cas!


Bien sûr, ce n'est pas parce que vous ne planifiez pas l'école sur votre chemin à l'origine que vous ne devez pas mettre tous les efforts possibles dans votre préparation afin de rentrer; au contraire, maximisez vos chances!


  • Écoute et spontanéité


On veut activer ses neurones miroirs, lorsqu'on est en jeu. Cela se fait automatiquement lorsqu'on met notre concentration sur l'autre personne: on se met à jouer pour l'autre, avec l'autre, et en réaction à l'autre. C'est essentiel dans une scène dialoguée.


Concentrez vous sur la présence réelle de l'autre pour vous rattacher à la réalité de la scène.


Cela a pour conséquence de ne plus être seul responsable de "faire fonctionner" la scène. La scène existe entre nous, dans l'espace relationnel du moment présent. Cette responsabilité partagée allège le stress sans même s'en rendre compte.


Stanislavski parlait de cercles d'attention concentrés. Quand on est anxieux, notre cercle d'attention est fragmenté : une partie sur le partenaire, une partie sur les juges, une partie sur notre "sur-conscience" corporelle, etc.


L'écoute totale crée un rétrécissement radical du cercle d'attention. Comme si on disait "Il n'y a que toi et moi. Le reste disparaît".


C'est comme une mise entre parenthèses du monde objectif pour accéder aux essences, ce qu'il y a en nous, et entre nous.


Chaque réplique du partenaire est neuve, même si j'ai répété cent fois. Parce que je l'écoute réellement, elle m'affecte dans l'instant, imprévisiblement. Je n'ai plus besoin de contrôler ce qui va se passer. Je réponds à ce qui émerge.


Si on va du côté de Bergson, celui-ci distingue:


-Les actes automatiques: des réponses mécaniques, prévisibles, sans ancrage dans le moment présent.


-Les actes libres: ils émanent de la totalité de la personne, imprévisibles, créatifs, en lien avec le moment présent.


La spontanéité est un acte libre : bien que je connaisse le texte, ma manière de le dire à mon partenaire, dans l'ici-maintenant, est unique; non reproductible.


Il faut laisser le texte nous jouer et non pas jouer le texte. On doit tirer vers soi plutôt que de pousser (forcer) quelque chose.


Par exemple, si on joue un personnage énervé et qu'on permet à sa propre rage inconsciente de se manifester, qu'on la laisse nous toucher, cette rage sera authentique, viscérale, convaincante — parce qu'elle est réelle.


  • Un peu de neurobiologie


Lorsque l'on est anxieux:


-Du cortisol est produit en réponse au stress;


-Le système sympathique (dont on a parlé plus tôt) s'active et déconnecte plus que nécessaire le système parasympathique;


-La gestion des émotions est réalisée par l'amygdale, mais celle ci est hyperactive en situation de stress;


-Le cortex préfrontal (contrôle exécutif, attention dirigée) est inhibé.


Lorsque l'acteur est pleinement engagé dans l'écoute et le jeu, le cortex préfrontal dorsolatéral se réactive et va moduler et canaliser l'activation de l'amygdale.


L'énergie sympathique (adrénaline) n'est alors plus vécue comme paralysie anxieuse mais comme vivacité énergétique utilisable et canalisable.


On observe également une activation du système de récompense :

Lorsque l'acteur prend un risque créatif et que "ça marche" (le partenaire réagit, l'émotion est authentique, le moment est vivant), le système dopaminergique s'active.


La dopamine génère le plaisir du jeu, la motivation à continuer dans cette direction, et le renforcement de notre maîtrise et de notre curiosité d'exploration.


Cette activation dopaminergique contrebalance l'activation anxieuse (cortisol/noradrénaline), créant un état mixte : Alerte, énergisé (sympathique), mais aussi joyeux et engagé (dopamine)


C'est l'état de "flow" (théorisé par Mihály Csikszentmihalyi). Une concentration intense, une perte du sens du temps et une fusion entre action et conscience. C'est ce qu'on cherche à atteindre.


Le plaisir de jouer, de créer, de prendre des risques contrebalance l'activation anxieuse.


Encore une fois, quelqu'un qui a pratiqué ces techniques (écoute, présence dans le moment présent, ancrage sensoriel) dans des contextes non-stressants (coachings ou répétitions) pourra les mobiliser sous stress.


Un acteur qui n'a jamais pratiqué tout ceci aura beaucoup plus de mal, vu que ce n'est pas une "astuce" qu'on applique instantanément, mais plutôt quelque chose qui se développe sur plusieurs mois.


  • Notes sur la neurodivergeance

-TDAH:


L'engagement dans le jeu peut être extrêmement efficace pour canaliser l'hyperactivité et l'impulsivité. Le TDAH peut même devenir avantageux (spontanéité accrue, prise de risque créative, énergie scénique).


-Autisme:


La structure du jeu dialogué (répliques très bien connues, partenaire à l'écoute et présent) peut être rassurante et faciliter l'engagement.

Également, la pratique de l'écoute et de la spontanéité longtemps à l'avance va aider l'acteur énormément.


Quand une personne autiste est captivée par quelque chose (intérêt spécifique, situation engageante), elle peut entrer dans un hyperfocus : concentration intense, exclusion des distracteurs, perte du sens du temps.


C'est exactement l'état de "flow" dont on vient de parler, et qu'on cherche.


On vise également authenticité émotionnelle: beaucoup de personnes autistes ont une difficulté avec le mensonge social ou la performance d'émotions non-ressenties.


Dans le jeu réaliste, cela peut devenir une force : si la personne ressent une émotion, elle est réelle, brute, non-filtrée. On veut ouvrir la porte à cette authenticité viscérale.


Les personnes autistes valorisent souvent la cohérence logique et ont du mal avec l'incohérence (assurez vous donc de bien comprendre ce que vous dites).


D'autre part, un partenaire de jeu calme, bienveillant, ancré peut également aider l'acteur à s'ancrer.


Ce qu'on veut, au final, c'est que notre cerveau travaille pour nous, et non pas nous pour notre cerveau.


IV-Récapitulatif: Le stress des auditions dans les écoles de théâtre - Préparation, jour J, conseils


  • Il est important de bien choisir son coach, ses scènes et sa réplique.


-Consultez mes deux articles à ce sujet:

-On apprend en faisant des erreurs. C'est la pratique qui vous fera progresser.


  • Prendre de l'avance dans sa préparation


-Lire plusieurs fois sa pièce

-Créer le monde de son personnage

-Savoir dans quelle direction doit être alignée sa pratique


-Lectures complémentaires:


  • Ne pas négliger son réchauffement le matin de l'audition, et une fois sur place


-Vérifier ses accessoires

-Réchauffements physiques et vocaux

-Se mettre dans une ambiance ouverte et créative

-Faire descendre l'énergie dans le bas du corps

-Créer une connexion avec la réplique, faire une italienne

-Déterminer son focus


  • Pendant l'audition


-Canaliser son stress en énergie plutôt que de le combattre

-S'engager corps-âme-esprit, prendre des risques, explorer

-Écoute, spontanéité, mettre sa concentration sur quelque chose

-Le jeu est une expérience sensorielle, dans l'ici-maintenant


  • Après l'audition


-Relaxer, se faire plaisir

-Faire un compte rendu à son coach

-Refléter plus tard sur ce qu'il s'est passé et ses erreurs

-Revenir à ses objectifs initiaux, ne pas le prendre personnel en cas de refus

-Continuer à s'améliorer, ne pas abandonner


  • Les conseils et la méthode


-On veut pratiquer un jeu flexible, libre et spontané

-S'absorber dans l'action, le sensoriel, le moment présent

-Lâcher le contrôle vous en fait paradoxalement gagner

-Passer de l'angoisse à la peur et de la peur au courage

-L'écoute comme ancre du jeu spontané et de l'état de "flow"

-Notre cerveau est à notre service, et non pas l'inverse


  • Notes supplémentaires


Une de mes devises préférées:


"Life is learned in the arena". (C'est au sein de l'arène que l'on apprend la vie).


C'est à dire que la théorie ne remplacera jamais la pratique, l'entraînement.


Développez vos capacités en faisant des erreurs, en essayant. Vous ajouterez ainsi un peu d'ordre à votre chaos, un peu de chaos à votre ordre.


Ce que l'équilibre entre les deux crée? La vie.


-----


Si vous souhaitez en découvrir davantage sur les auditions dans les écoles de théâtre, ou pour en apprendre davantage sur tout ce qui concerne le jeu d'acteur, je vous invite à lire mes autres articles présents sur mon blog.


Pour toute question, veuillez me contacter via le site ou par courriel.


Vous pouvez également réserver un appel gratuit de 30 minutes avec moi.


Je vous souhaite du courage dans la poursuite de vos rêves!


À bientôt pour d'autres articles!


Thomas

Commentaires


bottom of page